Peut-on vraiment sortir du nucléaire ?
27 Janvier 2012
Un texte en amont du forum organisé par Libération à Grenoble entre
Yannick Jadot Eurodéputé EE-LV, Philippe Méchet Directeur des relations institutionnelles d’EDF et Thierry Salomon Président de NégaWatt, le dimanche 29 janvier à 11h30.
Pour en sortir au plus vite, continuons le débat !
Nucléaire : poursuivons le débat
Les mythes du nucléaire s’effondrent les uns après les autres. Risque zéro ? Même si l’industrie et le gouvernement tentent de refermer la « parenthèse » Fukushima en prétendant avoir tiré toutes les leçons de la catastrophe japonaise, il est acquis qu’un accident majeur est possible en France. Indépendance énergétique ? 100% de l’uranium nécessaire est importé. Fleuron technologique ? Les chantiers EPR en Finlande et à Flamanville sont des catastrophes industrielles dont les surcoûts cumulés avoisinent déjà les 7 milliards d’euros et une dizaine d’années de retard. Vivier d’emplois ? Avec 75% de l’électricité, le nucléaire génère autour de 100 000 emplois directs quand, avec 20% de l’électricité en Allemagne, les renouvelables en ont déjà créé 370 000. Electricité pas chère ? Fixé par le gouvernement, le prix de l’électricité n’intègre ni la gestion des déchets, ni le démantèlement des centrales, ni le renouvellement du parc ou les assurances en cas d’accident. Il faudrait l’augmenter d’au moins 50% pour couvrir ces coûts. Avantage pour les finances publiques ? Selon Global Chance, sortir du nucléaire coûterait 15% de moins que poursuivre et renouveler le parc, 410 milliards d’euros sur 20 ans pour le premier contre 470 milliards pour le second. Solution pour les 2 milliards de personnes dans le monde sans accès à l’électricité ? Les conditions physiques, économiques et politiques des pays concernés excluent la technologie nucléaire. Réponse au dérèglement climatique ? Avec 2% de la consommation mondiale d’énergie et au regard des coûts, des conditions et des délais de construction, l’impact du nucléaire sur le climat c’est trop peu, trop cher, trop tard.
Les faits disqualifient donc le nucléaire. Les Français veulent en sortir mais doutent de l’existence d’une alternative crédible. Comment les convaincre ? Expliquons et expliquons encore, exemples à l’appui, que la sobriété et l’efficacité énergétiques d’une part, les renouvelables d’autre part, permettront d’améliorer le pouvoir d’achat et le confort dans le logement et les transports. Qu’elles sont un formidable levier de création d’emplois (un demi million d’ici 2020) et de ré-industrialisation de nos territoires avec des PME innovantes. Qu’elles rendront notre économie plus indépendante et plus compétitive, à l’image de l’Allemagne. Faisons vivre le débat que nous avons ouvert. Partout où il a eu lieu en Europe, la réponse a été la même : on doit faire et on peut faire sans le nucléaire. Décentralisons la décision énergétique, redonnons le pouvoir aux citoyens : la réponse au nucléaire est d’abord démocratique.








Pour convaincre, il faut montrer de façon concrète qu’il est possible de sortir à la fois du nucléaire et des combustibles fossiles.
Alors, rien de tel que de faire connaître l’évolution réalisée depuis dix ans chez nos proches voisins et dans l’ensemble européen.
Données précises : http://energeia.voila.net/renouv/electri_renouv_fr_de.htm
On y voit les progrès de l’électricité renouvelable en France comparée à l’Allemagne et quelques autres pays.
Par exemple :
« En Allemagne, l’électricité nucléaire a diminué en dix ans de 169,6 à 140,6 TWh (-29 TWh et -17%) alors que la production totale d’électricité augmentait de 576 à 618 TWh (+42 TWh et +7%). L’électricité provenant des combustibles fossiles n’a pas augmenté, l’électricité d’origine renouvelable passant de 39,7 à 108,1 TWh (+68,4 TWh et +172%).
Les énergies renouvelables permettent ainsi de réduire et supprimer le nucléaire sans augmenter le recours aux combustibles fossiles, ni les émissions de gaz à effet de serre, malgré une augmentation de la production totale d’électricité. »