Climat
Le blog

Derniers Tweets

Henri Proglio pète-t-il les plombs ?

9 Novembre 2011

Yannick Jadot, porte-parole d’Eva Joly, et député européen EELV, réagit aux propos tenus par Henri Proglio, patron d’EDF ce jour dans « Le Parisien »:

 

« Faut-il que le milieu nucléaire soit à ce point inquiet des perspectives de cette industrie en France et dans le monde que ses représentants, industriels et politiques, entrent en fission et multiplient les annonces plus aberrantes les unes que les autres: la sortie du nucléaire coûterait 750 milliards d’euros selon Eric Besson, multiplierait le prix de l’électricité par 4 selon Nicolas Sarkoy et, depuis ce matin, mettrait en péril 1 million d’emplois selon Henri Proglio, patron d’EDF.

Est-ce les 7 à 8 milliards d’euros de surcoût programmé pour les seuls EPR de Finlande et de Flamanville; est-ce les milliards perdus par EDF dans sa folle stratégie d’investissement international dans le nucléaire qui rendent M. Proglio  aussi confus sur les chiffres?

Alors que la catastrophe de Fukushima avait ouvert un espace médiatique rationnel et informé, qu’un débat public enfin responsable semblait possible en France, le lobby nucléaire a relancé une propagande caricaturale, étonnamment relayée.

Les temps ont pourtant changé et les représentants du nucléaire ne peuvent plus tordre la réalité énergétique mondiale ni revenir sur la prise de conscience de citoyens majoritairement opposés à l’atome.

Le coût de sortie du nucléaire serait insupportable? Il est moins élevé que la poursuite du nucléaire. La seule étude indépendante évalue à 410 milliards d’euros d’investissements cumulés la sortie du nucléaire contre 470 milliards la poursuite et le renouvellement du parc nucléaire.

Le prix de l’électricité serait multiplié par 4 avec la sortie du nucléaire? Tous les experts de l’énergie considèrent qu’à moyen et long terme, les prix de l’électricité augmenteront et seront équivalents quel que soit le scénario énergétique retenu. EDF demande depuis des années une augmentation de près de 40% de ses tarifs pour mieux couvrir ses coûts. Seules une tarification sociale de l’énergie et une politique ambitieuse d’économies d’énergie réduiront les factures d’électricité et la précarité énergétique.

Un million d’emplois seraient en péril avec la sortie du nucléaire? Le mensonge doit-il être énorme pour être efficace? Selon Areva elle-même, les emplois dans le nucléaire s’élèvent au mieux à 125 000 en France, un niveau presque équivalent aux énergies renouvelables pour 7 fois moins de production! L’Allemagne a créé 370 000 emplois dans les renouvelables en 15 ans ! Nous estimons à 500 000 emplois créés d’ici 2020 l’effet de la sortie du nucléaire en France.

Dans l’immédiat, nous soutenons la formation et le recrutement de personnels qualifiés dans le nucléaire pour faire face à la perte actuelle de capacités et aux stratégies très dangereuses de sous-traitance promues par des dirigeants comme Henri Proglio.

Henri Proglio semble péter les plombs. Je le défie de débattre devant les Français, dans un média de son choix, de la réalité énergétique et nucléaire. En a-t-il le courage et la responsabilité? »

 

 


12 commentaires   »  Laissez un commentaire

  1. Encore une fois, une analyse juste.

    S’il m’est clair que l’étude indépendante(410 Milliards coût de sortie de l’atome et 470 maintien) dont vous faîtes mention n’est certainement pas celle présentée hier à Paris par le patronat des électriciens français (UFE)-dont le parti pris est évident/effrayant, de quelle étude s’agit t-il alors précisément?

    Cette étude signée UFE va servir de fer de lance de l’argumentaire de maintien -voir renforcement de la politique nucléaire française. Son Message ? Une simplification extrême:
    – Nucléaire: pas cher et propre
    – Sortie du Nucléaire : très cher et polluant

    Un des grands défis du changement de la politique énergétique sera de combattre cette simplification, pierre angulaire de l’ »estabishment » nucléaire français.

    M.

  2. Une analyse juste.

    S’il m’est clair que l’étude indépendante(410 Milliards coût de sortie de l’atome et 470 maintien) dont vous faîtes mention n’est certainement pas celle présentée hier à Paris par le patronat des électriciens français (UFE)-dont le parti pris est évident/effrayant, de quelle étude s’agit t-il alors précisément?

    Cette étude signée UFE va servir de fer de lance de l’argumentaire de maintien -voir renforcement de la politique nucléaire française. Son Message ? Une simplification extrême:
    – Nucléaire: pas cher et propre
    – Sortie du Nucléaire : très cher et polluant

    Un des grands défis du changement de la politique énergétique sera de combattre cette simplification, pierre angulaire de l’ »establishment » nucléaire français.

    M.

  3. [...] dont on connaît les orientations politiques tout comme l’absence de morale, puisse apporter de l’eau au moulin de Mr Hollande, sensé être un candidat d’opposition (mouais… Laquelle [...]

  4. Et que penser du thorium qui peut servir de combustible « propre » en tous cas plus propre que les centrales actuelles. Le thorium simplifie les opérations de maintenance et de dépollution et présente le gros avantage de ne pas présenter de risque de fusion du coeur comme à Tchernobyl, Three miles Island ou Fukushima.
    A mon sens son gros défaut est qu’il ne donne pas lieu à production de plutonium dans sa chaine qui permet sous couvert de nucléaire « civil » de maintenir la possibilité de dériver vers le militaire …. en douce.

  5. BRAVO pour ce billet !!!!

  6. Le règne de la désinformation au profit des lobbies n’a jamais connu plus beaux jours que depuis 2007. Même s’il peut paraître « moins dangereux » qu’au Japon ou dans l’ex URSS, le parc nucléaire Français reste une menace permanente. Nos centrales atomiques arrivent pour beaucoup en fin de vie et par un « heureux hasard », celles-ci sont prolongées dans leurs exploitations du fait d’un « bon » état de conservation.
    La vérité est que le danger du nucléaire vient de plusieurs facteurs :
    - les combustibles usagés dont l’activité radiologique reste hyper dangereuse pendant plusieurs milliers de générations humaines
    - la quantité de ces combustibles usagés qui représentent plusieurs milliers de tonnes et que l’ont dissimule dans des souterrains en espérant que la géologie et la tectonique des plaques épargnera les sites retenus.
    - L’exposition des centrales nucléaires aux attaques kamikazes telles que celles du World Trade Center.
    Ces points sont systématiquement occultés car aucune solution n’existe mis à part l’abandon rapide de ce mode de production d’énergie.
    Il faut rappeler que contrairement aux allégations de nos politiciens (de droite principalement) c’est bien le peuple qui décide, les élus ne sont que les représentants de ceux qui les ont choisi. Alors je vous dis « Français et autres citoyens du Monde » réveillez vous, l’heure est à la mobilisation. Nous devons reprendre notre destinée en main. L’atome coute plus qu’il ne rapporte et de toute manière les ressources en matière fissibles sont très limitées.

  7. L’avenir du nucléaire en France est d’abord une af
    faire d’industrie de pointe;et commerciale…C’est
    évident-que si la France,l’Europe « tourne le dos »
    au nucléaire-beaucoup de « clients » se détourneront
    des industriels du nucléaire européens…Et donc,
    dans l’esprit de tout responsable politique frança
    is en campagne,renoncer « brutalement » au nucléaire
    dans un pays en proie au chômage,c’est quasiment
    du suicide!!Alors que Proglio est la « super pointu
    re » d’EDF + d’Areva,il a tout intérêt à contrecar
    rer les partisans de la « Sortie du nucléaire » fran
    çais…A défaut de quoi,les « belles commandes » d’
    Afrique du Sud,d’Inde,de Chine et du Brésil reste
    ront au placard!D’autant que l’avenir des réacteur
    s EPR français tournent au fiasco;et que le concur
    rent direct d’EDF-Areva est…GDF/SUEZ,excepté le
    géant américain Westinghouse associé au japonais
    Hitachi…Mais aussi que les Chinois ne seraient
    pas fâchés de voir les Français partager leur « ava
    nce » avec un partenaire chinois!!Juste pour éviter
    le suicide en Europe…Et quid de « petits » industr
    iels coréens,russes,qui sont près à « vendre » leur
    nucléaire à des prix très abordables,en « oubliant »
    la sécurité des sites…
    Moralité:si l’ »Europe nucléaire » + ses plus fiable
    s concurrents au monde ne réussissent pas à convai
    ncre leurs clients potentiels d’abandonner l’éner
    gie nucléaire dans les meilleurs délais(20 ans au
    pire),la Planète est mal « partie »…A elle seule,
    l’Afrique du Sud est prête à s’engager pour une co
    mmande de 3 EPR…Et comme le nucléaire pourrait
    participer à « rééquilibrer » la balance commerciale
    française,il y a fort à parier que le nucléaire a
    encore de beaux jours à vivre en France:histoire
    de « montrer l’exemple »…

  8. Quant au « démantèlement » des sites nucléaires en
    France,il y aurait tout intérêt-pour le lobby nucl
    éaire-à ce qu’ils soient « requalifiés » dans la pou
    rsuite de la production d’électricité d’origine nu
    cléaire:il n’y aurait qu’un budget à gérer et bien
    moins de contraintes à l’avenant…Sans compter ts
    les emplois créés,du même coup!!

  9. Bonjour,

    Pourrais-je avoir les références de l’étude que vous citez ici, svp? « Le coût de sortie du nucléaire serait insupportable? Il est moins élevé que la poursuite du nucléaire. La seule étude indépendante évalue à 410 milliards d’euros d’investissements cumulés la sortie du nucléaire contre 470 milliards la poursuite et le renouvellement du parc nucléaire. »

  10. Bonjour,

    Voici la référence de Yannick.
    Il s’agit d’une étude de Global Chance à lire ici :
    http://www.global-chance.org/spip.php?article253

  11. Merci beaucoup.

  12. Une réalité peu remarquée et pourtant très importante : le coût de l’électricité photovoltaïque sera souvent inférieur à celui qui sortirait du réacteur EPR s’il était mis en service en décembre 2016 (date provisoire).

    Pour les installations photovoltaïque de moyenne et grande importance, plus de 100 kWc, le prix d’achat de l’électricité est déjà de 114 euros le MWh et sera à 72 euros le MWh en 2016, moins cher que pour l’EPR à 81 euros le MWh.

    Le prix d’achat moyen actuel, fin 2011, de l’électricité photovoltaïque est de 179 euros / MWh.

    Détails et prix futurs : http://energeia.voila.net/solaire/prix_moyen.htm

    Moins cher que le prix indiqué pour 2030 par les adorateurs du nucléaire de l’UFE.

    Si le prix d’achat de l’électricité photovoltaïque varie de 406 à 114 euros / MWh, le tarif le plus bas concerne 70% de la puissance installée (et de la production) en 2011 ou en file d’attente.

    Vers 2025-2030, le coût de production moyen du photovoltaïque sera inférieur à celui du vieux nucléaire retapé.

Laissez un commentaire

A lire aussi


© Copyright 2011 Yannick Jadot - Tous droits réservés - Crédits - Mentions légales